mercoledì 3 settembre 2008

Primi Giorni in Bologna

Ah l’Italie… pays des brunes à forte personnalité, du vin qui coule à flots et des pizze géantes (et délicieuses) à 4€… Pour l’heure j’ai passé le plus clair de mon temps à m’initier à cette ville, à l’arpenter de long en large, pour visiter ou pour chercher (désespérément) un logement. Voici déjà l’occasion d’introduire une caractéristique de Bologne : c’est cher. D’une façon générale, vous aurez du mal à vous en tirer pour un bon repas à moins d’une quinzaine d’euros par personne. Attention d’ailleurs aux prix affichés parce qu’il y est ajouté en moyenne 2€ par couvert et le service n’est pas compris… Evidemment, les prix flambent aux terrasses des cafés des lieux touristiques et l’on rivalise alors presque avec Paris… En revanche ce n’est pas le cas pour les fameuses pizze puisqu’une Margherita (la plus simple), en moyenne entre 7 et 10 € en France (14 dans la capitale) affichera ici entre 3 et 6 €… Le pire est du côté des logements : comptez 350 à 500€ pour une chambre simple dans une colocation ou une résidence universitaire et entre 650 et 1000 pour un studio (F1) dans le Centro.
Le Centro, justement, c’est le cœur historique de la ville, un ovale de 2km (nord-sud) sur 2,4km (est-ouest) environ, ceinturé d’une sorte de périphérique qui le sépare du reste de la ville. L’hypercentre s’étend autour de la Piazza Maggiore, véritable pôle magnétique et géographique de la ville. Cette place est bordée du Palazzo dei Banchi(1245), du Palazzo del Podestà (1200), du Palazzo Comunale et de la Basilique San Petronio (1390), qui compte parmi les dix plus grandes de la chrétienté avec ses 132m de long, 60m de large et 51m de haut.
Elle ouvre aussi sur la Piazza Nettuno, sur laquelle trône la célèbre Fontaine de Neptune, rendez-vous incontournable des amoureux dans cette ville baignée de romantisme italien. Derrière la statue part la via Rizzoli (rien à voir avec l’animateur du Juste Prix), qui conduit aux Due Torri, le symbole et la principale curiosité de la ville. Ces deux tours datent de 1110, l’une mesure 97m, c’est la plus grande de la ville, sa « jumelle » seulement la moitié, ce d’autant plus qu’elle penche dangereusement, à la manière de sa cousine de Pise.
De la Piazza di Porta Ravegnana partent deux des rues qui vont m’intéresser le plus cette année : la via Zamboni, où se trouve le siège de l’université de Bologne, et la strada Maggiore où se trouve la Faculté de Sciences Politiques. L’université de Bologne est célèbre dans le monde entier comme étant la plus ancienne du monde occidental (seule une obscure concurrente chinoise prétend lui voler la vedette à l’échelon mondial). Fondée en 1088, elle fêtera en effet durant ce siècle son millième anniversaire. L’occasion de souhaiter bon courage à Sciences Po Lille à qui il ne reste plus que 984 ans pour faire aussi bien !
Alma Mater, de son petit nom, est l’une des plus prestigieuses d’Europe, notamment membre du groupe Coimbra qui regroupe les plus grandes universités du Vieux Continent. Elle est aussi réputée aujourd’hui pour compter dans les rangs de ses éminents professeurs le célèbre écrivain-philosophe italien (et bolonais) Umberto Ecco. A l’image de son université, la ville de Bologne est ancienne. Construite dans sa forme actuelle essentiellement au Moyen-âge, elle mériterait d’ailleurs un petit rafraîchissement. Un coup de frais que le chaland trouve à l’abri des arcades de la ville qui ne compte presque que cela : tous les trottoirs sont en effet surplombés de ces interminables voûtes qui ne font craindre aux Bolonais ni la chaleur étouffante des étés italiens, ni la rudesse des orages d’automne. Et c’est sous ces arcades que la vie s’anime : boutiques, épiceries et autres caffè accueillent les piétons, dont beaucoup d’étudiants (l’université en compte 96.000 répartis sur ses cinq campus), qui déambulent très librement, d’autant que les voitures ont été presque bannies du centre-ville, à tel point que l’on peut souvent traverser les grandes avenues sans même prendre la précaution de regarder autour de soi. Au cas où, il y a quand-même, comme dans toute ville italienne qui se respecte, un nombre impressionnant d’églises.
Et entre les boutiques et les caffè se découvrent souvent, au hasard d’une porte entrouverte, de gigantesques cours intérieures, abritant parfois de véritables trésors. Ainsi en est-il par exemple du bâtiment de la Facoltà di Scienze Politiche, percé d’un escalier monumental qui n’aurait pas à rougir au beau milieu du château de Versailles. Deux statues antiques bordent ses premières marches, deux nouvelles encadrent sa séparation au demi-étage, et encore une dizaine d’autres décorent l’ensemble du puits dont la voûte est peinte d’une fresque époustouflante...
Continua...